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Ise


« Quand l’empereur Sûjin apprend, d’une révélation divine, qu’il ne doit plus conserver le miroir et l’épée sacrés, il les confie à une prêtresse-princesse. L’emplacement des temples les plus important, ceux d’Ise, fut fixé par la mère de cet empereur à qui avaient été confiés ces objets divins. »

- CHALLAYE Félicien, Le Japon illustré, Librairie Larousse, Paris, 1915 (?).


Carte_du_Japon_avec_ise



Ise, appelée jusqu'en 1956 Uji Yamada, est une ville moyenne de 105 000 habitants qui se trouve dans la préfecture de Mie. On y trouve les sanctuaires shintô les plus vénérés du Japon : l'Ise Kôdaijingû (naikû) et l'Ise Toyouke Daijingû (gekû).
Ces sanctuaires shintô remonteraient au IIIème siècle après JC. Selon la tradition, les bâtiments des sanctuaires, on en compte environ 200, sont reconstruits tous les vingt ans. Cette tradition, l'opération de reconstruction est dénommée sengûshiki, aurait pour origine un tabou du culte shinto, qui voulait qu'à la mort de l'empereur, sa résidence, marquée de l'emprunte de cette mort, devait être détruite et reconstruit dans un autre lieu. Plus prosaïquement, cela permet de maintenir vivace le savoir-faire ancestral des artisans. En effet, les constructions sont réalisées sans clous, mais seulement avec des chevilles de bois. Quant au bois qui avait servi à construire l'ancien sanctuaire, il est utilisé dans la construction d'autres sanctuaires ou selon d'autres sources, il est découpé en morceaux puis vendu sous forme talisman. Les bâtiments actuels ont été construit en 2013 c'est la 62ème reconstruction.
Se rendre à Ise ne pose pas de problème particulier. En revanche, une fois sur place, il y a extrêmement peu d'informations en anglais. Les bus notamment n'ont que des affichages en langue japonaise. Mais comme partout, il suffit de suivre le flot des touristes/pèlerins pour arriver à bon port. Ne le cachons pas, nous avons été déçu par Ise. En effet, on ne voit quasiment rien des bâtiments protégés par d'imposantes palissades. Et impossible de s'approcher, il y a des gardiens partout. Si vous allez à Ise garez à l'esprit que c'est d'abord un lieu de culte avant d'être un lieu touristique.

Pour en savoir plus sur le shintô, cliquez ici.

Le sanctuaire extérieur, Ise Toyouke Daijingû, est appelé couramment gekû. C’est le sanctuaire qui se trouve le plus proche de la gare et donc normalement celui que vous visiterez en premier. Il date du Vème siècle. Toutefois le style architectural de ses bâtiments est du VIIème siècle. Il est la demeure de la déesse de la nourriture, des vêtements et du foyer, Toyouke-no-Ôkami. C’est elle qui nourrie la déesse solaire Amaterasu-Ômikami, qui elle demeure dans le naikû.

« Ainsi sont les sanctuaires shintoïstes, dont l’infinité couvre le pays, les temples des esprits familiers des ancêtres du lieu et jadis du clan. Mais il y a mieux encore : les grands clans, dont la puissance fait l’histoire du Japon, ont des sanctuaires où la nature prend une forme plus solennelle plus imposante. C’est Kamakura, où le clan Minamoto a le sanctuaire de Hachiman, son esprit ancestral titulaire ; Nara, où le clan Fujivara [Fujiwara] a le sanctuaire de Kasuga ; et un lieu plus saint et plus solennel Nikko, où se trouvent les tombes des grands shoguns Iyeyasu et Iyemitsu ; la mise en scène y prend une ampleur grandiose. Mais de tous les endroits saints du pieux Japon, la terre la plus sainte, l’endroit le plus sacré, le plus mystérieux, celui qui porte le poids le plus lourd d’inconnaissable, c’est Isé. »

- F. Joüon des Longrais, Extrême-Asie, Ed. Pierre Roger, 1927.


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- Torii à l’entrée du gekû.


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- Le sanctuaire est protégé par une haute palissade.


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- Vue depuis la première enceinte du sanctuaire. Remarquez la différence entre les pierres blanches et les pierres noires au sol.


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- Vue d’un des bâtiments de l’enceinte.


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- Les grands cyprès donnent beaucoup de solennité au lieu.


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- Chaussures de membres du clergé shintô.


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- Un petit sanctuaire annexe.


Le sanctuaire intérieur, Ise Kôdaijingû, appelé couramment naikû est le plus impressionnant des deux sanctuaires. Il daterait du IIIème siècle. C’est la demeure de la déesse solaire Amaterasu-Ômikami. L’empereur est considéré comme son descendant (un peu comme la gens Julia, à Rome, qui prétendait descendre de Vénus). Le sanctuaire renferme le miroir sacré, yta no kagami. Ces bâtiments en bois de cyprès sont de style shimmei-zukuri.


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- Procession dans la rivière Isuzu, jouxtant le naikû. Les photos ont été prises du pont Uji.


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- Sonneurs de conque.


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- Pendant ce temps là, une autre procession est déjà arrivée.


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- Des coqs et des poules vivent dans les buissons près du sanctuaire.


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- Le sanctuaire est, là aussi, protégé par de hautes palissades.


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- Bâtiment jouxtant l’enceinte principale.


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- Sanctuaire annexe.


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- Vu de derrière du sanctuaire.


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- La taille des cyprès est impressionnante.


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- Moment de recueillement devant un sanctuaire annexe.


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- La porte du sanctuaire annexe.


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- Le pont et le torii marquant l’entrée du sanctuaire de Kazahinomi. Celui-ci est un sanctuaire affilié, betsugu, au naikû.


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- Pendant ce temps là, les processions continuent.


« Sur l'autel de la Divinité, sous l'escalier, auprès de la tablette du Grand Sanctuaire d'Isé, étaient disposées des photos de Leurs Majestés Impériales et régulièrement tous les matins, avant de partir à son service, le lieutenant s'arrêtait avec sa femme en ce lieu consacré, et tous deux courbaient profondément la tête. »


- Yukio Mishima, Patriotisme, 1960.


+ Lien


- Site du grand sanctuaire d’Ise :

http://www.isejingu.or.jp/english/



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